L’ÉVOLUTION DE L' HOMME

Connaître nos origines :

Quelles méthodes ?

Quels enjeux aujourd’hui ? /

Yves Coppens

Écouter la soirée sur :

http://www.vandoeuvre.fr/actualites/coppens-et-nos-origines

 

 

Il aime la grande histoire de l’évolution de l’Homme et les petites histoires. Il aime rire et s’étonner. Les dates ne l’effraient pas.

 

► Dates, périodes, ères des chiffres « hénormes » !

 

-14 milliards d’années : « un chiffre qui n’est rien à côté de la dette de certains Etats »…il y a la lumière et de la matière qui change tout le temps. « Mon discours n’est pas La vérité, mais celle recherchée par les scientifiques »…Tout change, mais dans le cadre des lois physiques qui, elles, ne changent pas. Tout change dans la complication, la complexification  et une plus grande organisation. On passe du quark, à la particule, de l’atome aux molécules. C’est comme si on avait de gigantesques galettes qui fabriquent des étoiles, qui elles-mêmes naissent, vivent et meurent. Le soleil en est une, à qui il reste une moitié de vie, soit 5 milliards d’années. « Et pas 5 millions, Ouf ! » Autour d’elles, des poussières : planètes, comme la terre, non accrétée au soleil, météorites, comètes et astéroïdes.

L’échelle du temps et des périodes est aussi difficile à imaginer que les écarts entre l’infiniment micro et l’extraordinaire gigantisme des éléments. Ainsi peut-on passer à -4,6 milliards d’années. (N.B. : depuis une trentaine d’années, on a noté que les galaxies fabriquaient moins d’étoiles : « moins de productivité… »)…avec la formation de la Terre.

 

► Des évolutions continues et révélatrices

Puis la terre est pourvue « d’eau et de gaz »…

Au fond des océans, des molécules avec membranes intérieures et extérieures échangent de l’énergie entre elles et avec le milieu environnant.

Début de la vie avec la reproduction. L’instinct de survie des espèces. Un moteur essentiel de la vie…

Des cellules pluricellulaires ; les êtres unicellulaires vont fabriquer les stromatolithes (roches et micro-organismes qui précipitent le calcaire), la vie se différencie, toujours et uniquement dans l’eau au contact d’environnements différents. Maître-mot : l’adaptation ! Un processus contrôlé génétiquement dans la complexification de l’ADN. Apparait alors la colonne vertébrale intérieure, différente de celle des poissons qui ont cuirasse, carapace ou coquilles…

Puis, l’eau se retire et se développent les poumons en plus des branchies : les amphibiens, représentent un nouveau « bricolage «  de la nature ». Le monde végétal développe l’oxygène, qui était plutôt un poison…

Lors des premières traces de vertébrés sur terre, on note 98% de CO2 alors et 2% d’azote pour une température de 200°C…L'oxygène augmente avec l'apparition des plantes sur terre.

La vie sur terre varie, évolue et est contrôlée par l'hérédité. Premiers mammifères ovipares, et ce pendant une centaine de millions d’années ; toujours pour assurer la conservation de l’espèce, les œufs trop vulnérables vont se concevoir à l’intérieur…dans le placenta.

Premiers primates, insectivores attirés par les arbres à fleurs et à fruits : se développent les ongles et la saisie pouce-doigts ainsi que l’œil pour reconnaitre la couleur et donc la maturité des fruits !

Les hommes avec le changement climatique (déjà ?!), qui apporte davantage de sécheresse, fait augmenter les herbes au détriment des forêts : ils se tournent vers les plantes et la viande. Ils se mettent debout. Modification de la colonne du bassin, de la tête. Puis les jambes grandissent, les bras raccourcissent…Se développent les dents pour manger de la viande, la tête est plus importante et l'encéphale est de plus en plus compliqué. Le cerveau se développe aussi pour trouver moyens d'échapper aux prédateurs

C’est aussi « un peu plus de cerveau » et la prise de conscience de l’autre, de la mort, de la logique, de l’anticipation. Avec la sécheresse, le système respiratoire est modifié : larynx et langage articulé apparaissent. Puis les outils, les armes et les cultures…

Pour les petites histoires, il rappelle qu’il respecte les croyances, notamment lorsque sa grand-mère lui rétorque qu’elle veut bien que lui descende du singe, mais que pour elle-même il n’en est pas question…

 

► Une dernière partie et…que d’interrogations !

Dans une dernière partie, Yves Coppens évoque les immenses progrès réalisés notamment ces dernières décennies. Il cite la paléogénétique, l’informatique, les méthodes de datation et l’imagerie (on est capable de voir réalisé par une imprimante 3D un insecte de milliers d’années, scanné dans un caillou grâce à l’imagerie par scannage et synchrotron)

 

Quelques questions, en guise de débat : les différences avec Neandertal et sa peau claire ; le vocabulaire originel conservé même si l’antériorité a été contestée comme par exemple entre erectus et habilis ; un Éthiopien de type eurasien, qu’est-ce que cela signifie ? Les genres particuliers, les dérives génétiques, l’isolement…Dans ces échanges, il est rappelé que les blancs sont plutôt des décolorés, que les cheveux sont frisés pour que l’air y circule mieux et que les yeux bleus s’expliquent parce qu’on voit le fond de l’œil…

 

Yves Coppens a alors l’occasion d’avancer que nous ferions un grand pas en trouvant une solution pour utiliser et réemployer le CO2 que nous voulons réduire ; que le méthane dégagé par le réchauffement du permafrost en Sibérie est autrement plus grave ; que les déchets nucléaires ne seront en grande partie plus dangereux dans mille ans ; que le réchauffement climatique et la montée des eaux a commencé dès le néolithique et que cette dernière est irrémédiable quelques efforts que nous fassions… « Même si l’homme s’y met, l’effet durera un million d’années ! »

 

Il discute de la pertinence d’appeler anthropocène l’actuelle période géologique actuelle, car cela ne correspond pas aux références des autres périodes de glaciations (10 000 ans pour la dernière)

 

Il affirme que la dernière et plus grande rupture que la terre subisse est celle de la considérable augmentation démographique (seulement deux cents ans pour passer de 1 à 8 milliards d’humains…) qu’on minimise trop souvent que le sort des réfugiés climatiques, plus nombreux que les réfugiés politiques et économiques en raison de la montée de 3mm des mers…Protéger au maximum les littoraux et anticiper les changements de cultures devraient nous préoccuper davantage.

 

Il regrette la double injonction entre défendre le caractère précieux de l’eau, de l’air et de l’électricité et notre environnement publicitaire qui appelle à la (sur)-consommation, notre difficulté d’allier ce qui est acquis et un retour à la raison.

 

Pour lui la COP21 est intéressante par la mobilisation et le consensus « officiel » entre autant de pays. L’homme s’avère de plus en plus libre…mais de plus en plus responsable ? Il s’inquiète de la puissance de la presse.

 

« On a notre destin sur les bras ». La biosphère, c’est seulement quatre kilomètres entre l’air et la terre et le plus important patrimoine de la planète. Avec toujours plus de connaissance, l’homme doit sauver l’indispensable biodiversité qui le fait survivre…

 

Notes de f54 (avec partitions, dont celles de ML)