Les textes sont enregistrées dans le sens chronologiques...Pour lire le dernier compte-rendu, il faut donc "descendre" au bout de la rubrique...Merci.


Ateliers : Alimentation

 

 

 

 

 

Mardi 10 novembre se sont retrouvés au Château du Charmois, une trentaine de personnes intéressées par le second atelier, celui sur « l’alimentation », de la toute nouvelle Université Populaire et Participative de Vandœuvre (UP2V)

Denis Grison a évoqué en particulier quelques experts pressentis pour apporter leur contribution.

 

Cette annonce a provoqué la première question : quel statut aurait l’expert ? Est-il un membre de l’atelier ; répond-t-il à des questions sur sollicitations seulement, ou présente-t-il (a priori) son savoir ? La réponse se veut bienveillante, à l’image de cet adjectif de plus en plus précieux : l’expert doit être une richesse possible, continue, sans être envahissante.

La précision de l’objectif principal demeure un souci : quelle pourra être la forme de la production de synthèse « universitaire », utile, présentée à l’extérieur ? S’agira-t-il, par exemple et/ou notamment d’un document « pédagogique » sur l’alimentation auprès des écoliers ?

Le groupe de pilotage s’emparera aussi de cette problématique.

 

Cette fois, le tour de table est plus facile, car outre une présentation individuelle minimale, il permet de mieux répartir les participants entre les deux groupes suggérés lors de l’invitation : le premier sur la production et la transformation, le second sur la consommation. La demande de créer un groupe sur les enjeux politiques et stratégiques n’est pas retenue. Elle sera automatiquement inclue dans chaque versant des échanges.

 

L'atelier Alimentation sur « production-transformation » a réuni quinze personnes qui ont abordé les aspects suivants :

1- La pérennité de nos pratiques actuelles (travail de la terre, utilisation des eaux…),

2- La production bio, l’agriculture raisonnée en attendant, la permaculture,

3- La législation, le principe de précaution ? (OGM…),

4- La nécessaire référence à la production dans les autres pays, particulièrement les plus pauvres,

5- Le problème de l’accessibilité à l’eau et à l’eau potable en particulier

6- L’utilisation des agro-carburants, et tout ce qui est détourné de l’alimentation humaine,

7- La surproduction et la régulation,

8- Les terres et/ou le béton,

9- Les étapes de la transformation d’un produit brut au produit vendable et la qualité (yaourt, café, cacao/chocolat…),

10- Les additifs et la qualité,

11- Le calibrage, l’uniformité et la norme dans les choix de production,

12- Les lieux de gaspillage en aval et en amont (notamment avant/après transport),

13- L’idée de choisir quelques produits-types et remarquables dans le cycle production-transformation-distribution-packaging,

14- Le nécessaire rappel de l’évolution historique : d’où l’on part, ce que l’on a amélioré, gâché et ce sur quoi on reviendrait en arrière,

15- Les écarts de prix selon les filières, les marges, le commerce équitable,

 

Liste presque exhaustive, vers 21h…

Mais celle-ci n’est pas complète (toutes les infos ne sont pas remontées).

> Commencer à la compléter par courriels, avant, si besoin, de terminer de le faire lors de notre rencontre du 1er décembre.

 

Celle-ci pourrait se dérouler ainsi :

- Une première demi-heure en commun, avec pour objectif de composer deux groupes (trois si vraiment nous sommes trop nombreux, mais deux serait mieux du point de vue de la logistique), chaque groupe étant orienté sur des projets spécifiques, dégagés à partir de la liste des attentes.

 

- puis une heure et demie pour lancer le travail des groupes, chacun bénéficiant d’un animateur avec une méthodologie pour faciliter le lancement du travail…

 

L'atelier Alimentation : question alimentaire, alimentation et santé, du mardi 10 novembre 2015

 

Etant donné le temps imparti, il a été décidé de faire un tour de table pour exprimer nos interrogations dont voici la synthèse, certaines ayant été exprimées par plusieurs participants, en particulier concernant l'aspect quantitatif et qualitatif de l'alimentation et leur impact sur la santé.

 

- la quantité: l'aspect sociétal avec des populations sous alimentées et d'autres suralimentées ( ici et dans le monde) et par voie de conséquence des problèmes de faim et malnutrition versus maladies dans les pays développés (diabète, obésité...). Avec en corollaire le gaspillage.

 

- la qualité: qualité nutritionnelle, une alimentation équilibrée, en adéquation avec nos besoins, mais aussi les risques liés aux modes de culture, la transformation industrielle des produits alimentaires, contenants et mode de cuisson: polluants, pesticides, bisphénol, perturbateurs endocriniens.

 

- la symbolique des aliments et sa répercussion sur les comportements alimentaires: viande rouge, sucre...

 

- le plaisir de bien manger et les comportements alimentaires: addiction, régimes divers, anorexie, boulimie..

 

- les avis des experts contradictoires, avec beaucoup d'interdits ou d'injonctions : que reste-t-il de la liberté de chacun, à mettre également en opposition avec l'augmentation de l'espérance de vie. Que faut-il encore manger ? manger uniquement bio ? supprimer la viande ? le lait ? le gluten ? Où faire ses courses (AMAP, ruche...) ? Comment s'y retrouver?

 

- Le lien entre alimentation et santé est complexe et devrait rendre modeste: savoir reconnaitre ce que l'on ne sait pas.

 

- l'eau est elle un aliment? En tout cas elle est nécessaire à la vie et aux cultures vivrières

 

- mais au fait, qu'est-ce qu'un aliment ?

 

- il existe un consensus pour vouloir bien manger mais qu'est ce que bien manger ? Une bonne alimentation peut être le meilleur médicament ou au moins peut nous permettre d'en consommer moins.

 

- il existe des effets de mode (sans gluten, lait de chèvre, d'avoine...), peut-être faut-il se fier plus aux constantes, au bon sens.

 

- le poids des lobbies est important et souvent occulte (viande, industrie laitière, céréaliers, mais aussi les anti..).

 

- réalisation d'une fiche de synthèse : questions à se poser quand on fait ses courses, sans forcément avoir les réponses...

 

 

Le mardi 8 décembre (Groupe : Alimentation sur « production-transformation)

 

Parmi toutes les thématiques évoquées au tout début du lancement, le groupe décide de prendre en compte la chaine de production d’un produit alimentaire de a à z, c’est-à-dire de la « fourche à la fourchette », le produit choisi étant le pain. Pour cela, il est proposé de recueillir des témoignages de divers acteurs de la filière, et donc, de préparer des questionnaires d’interview.

 

Le mardi 11 janvier, le groupe : Alimentation sur « production-transformation) pense questionnaires

 

Avant de se répartir en sous-groupes, Denis Grison nous a fourni une feuille de réflexion personnelle avec un certain nombre de questions pouvant alimenter l’atelier, et pour lequel il a pu rassembler des documents qui peuvent nous être mis à disposition (Parviendra-t-on à nourrir le monde en 2050 ? Faut-il cultiver des OGM ? Quelle place pour le bio ? Comment résoudre la question du gaspillage alimentaire ? Est-il raisonnable de consommer de la viande ? Comment résoudre le problème posé par la souffrance animale ? et celui de l’épuisement des sols ?)

 

Au début de cet atelier, deux étapes préalables à l’élaboration des questionnaires ont été discutées.

1/ Définir plus précisément quels sont les acteurs à interviewer :

En plus d’un agriculteur impliqué dans une AMAP proposé à l’atelier du 8/12, ont été également proposés lors de cet atelier:

o Un agriculteur conventionnel, si possible syndicaliste pour avoir une vue plus général.

o Un agriculteur d’une AMAP (déjà cité mais pour ne pas oublier dans la liste !)

o Un meunier conventionnel (type Grands Moulins de Paris) négociant avec grosses coopératives agricoles

o Un meunier de taille moyenne contractualisant avec agriculteurs locaux

o Un boulanger de circuit conventionnel, si possible syndicaliste (vue globale)

o Un boulanger de grande surface type Lidl

o Un directeur de coopérative agricole

 

Il a été décidé de contacter en premier lieu l’agriculteur de l’AMAP de la MJC de Vandoeuvre, mais il s’avère que ce dernier est boulanger et non agriculteur. Toutefois, il sera quand même contacté, afin d’être interviewé au prochain atelier (mardi 23/02). S’il n’est pas libre, ainsi que M. Lavaux, agriculteur Bio à Montenoy (54).

 

2/ Quels étaient les grandes thématiques que nous voulions aborder lors de cet atelier, et lorsque cela sera pertinent, au cours des différents entretiens.

 

o La question de l’élaboration du prix du pain, avec la part de la matière première, de chaque étape intermédiaire : quelle est la part qui revient à l’agriculteur, à l’industriel (circuit classique) ?

 

o La question du foncier : quel accès aux terres ? cet aspect ne devant pas être abordé qu’à l’échelle locale, mais à une échelle plus large (problème de l’accaparement des terres pour les OGM ou usages non alimentaires tels que biocarburants ou urbanisation dans de nombreux pays à l’échelle mondiale)

 

o Est-ce que les systèmes de production et/ou de commercialisation alternatifs au modèle classique tels que AMAP, permaculture,…sont généralisables à une échelle plus large, laquelle ?

 

o La question de l’accès aux semences, de la liberté de produire ses propres semences afin d’échapper à l’emprise des multinationales du secteur

 

ÉLABORATION DES QUESTIONNAIRES :

 

Céréalier AMAP (ou bio)

Céréalier conventionnel

Boulanger AMAP

 

-question du choix des variétés, quelle est sa stratégie d’approvisionnement, de multiplication de sa propre semence ?

- quel assolement pratique-t-il ? pourquoi ?

- sa stratégie de lutte contre les maladies, les ravageurs et mauvaises herbes ? pour sa fertilisation ?

- question de l’emploi sur la ferme

- son avis sur les enjeux fonciers locaux, et à échelle plus large

- son avis sur changement climatique

- son avis sur le retour de valeur ajoutée à la ferme des produits agricoles : son cas perso, et de façon plus large

- son avis sur PAC et subventions

Idem céréalier AMAP

+

-question de la fluctuation des prix agricoles

-comment vend-il ses céréales ?

-que pense-t-il de la PAC actuelle…..impact sur les exploitations (afin d’aborder indirectement question plus personnelle de dépendances/subventions)

 

 

 

 

-fabrication du prix du pain, retour de valeur ajoutée pour l’agriculteur

- question de l’emploi : nbre de personnes employées

- quels types de blé (origine, variétés,..), quelles valeurs boulangères, quelle liberté dans le choix des farines

- son avis sur problématique du rajout de gluten à des aliments qui en contiennent déjà

- quels type de levure et/ou levain utilisés ?

-

 

-Quelques documents glanés sur Internet sont envoyés aux participants du groupe :

Préalables : Le pain, aliment de base traditionnel de nombreuses cultures, est fabriqué à partir des ingrédients de base que sont la farine et l'eau…Valeurs nutritionnelles comparées de pains. Pour 100 grammes d'une baguette (T55)… principaux types de pains : Pain de tradition française - Pains spéciaux - Pain bis - Pain blanc - Pain complet…Les additifs

Avant la fourche…Sols – Climats –Eau -Paysages

A - PERENITE (?) DES PRATIQUES

- Semences - Les circuits, courts, directs et les autres, transports et distribution - Organismes et Institutions –Économie –Syndicats – Coopératives –Banques -Bourse de Chicago -Subventions de l’UE

B – TRANSFORMATIONS

Méthodes – Circuits - Construction du prix - Métiers concernés – Autosuffisance - Évolution : agrocarburant

C – GASPILLAGE et Surplus. Un document à compléter, enrichir et discuter…


Rencontre avec un boulanger bio

 

(Groupe « alimentation-production » de l’atelier up2v - 23 / 02 / 2016)

 

Juste après la distribution hebdomadaire de l’AMAP [1], mardi 23 février, Helmut a réussi à faire (inter)venir Vincent Cocagne, de  Lay-Saint-Christophe, boulanger d’ « Un pain d’à côté », mais sans magasin, .

 

Depuis 2009, lui et sa compagne se sont convertis boulangers-bio, sans magasin.

Ils se fournissent (près de deux tonnes de farines bio sur dix mois/an) auprès d’un paysan-meunier boulanger près de Toul. Deux semis par an de six variétés de céréales panifiables mélangées (une biodiversité complémentaire contre le gel, les parasite, l’humidité…) sur 80 hectares, ainsi que des lentilles et des féveroles, avec  des  semences conservées par régénérescence et l’achat de nouvelles graines…Voilà pour situer le paysan-meunier bio du « Moulin du Petit Poucet ».

 

Vincent nous demande de lire les étiquettes des ingrédients pour remarquer la différence entre baguette de tradition, pains bio et les autres. Les premières ne comportent que quatre mots essentiels (levain, farine, eau, sel) ; les autres accumulent une liste d’adjuvants (conservateurs, transformation de la pâte, goût…) parfois impressionnante [2].

 

Le blé, la farine, le levain et le pain sont des matières vivantes. Le levain, « notre trésor » peut avoir un goût plus ou moins acide et lacté. Champignons, bactéries et levures procurent des arômes divers. Il se comporte de manière différente selon le milieu ambiant. Il faut le faire travailler. Au bout d’un mois, il est « à plat »…Chaque opération implique un temps précis et minimum, qu’il est difficile de faire varier, sous réserve de changer toute la chaîne des opérations.

Le travail à la main permet  plus d’adaptabilité ; le temps passé, plus longtemps, est en partie compensé par le non-nettoyage des appareils de pétrissage, qui d’ailleurs n’aiment pas l’humidité.

A chaque étape, on prend un soin précis des conditions atmosphériques (hydrométrie, Cf.3) de la température ambiante, de la durée de préparation à chaque étape, de la fraîcheur et de l’ancienneté des produits (transport, stockage, consommation…), modération du pétrissage ainsi que le contrôle de la fermentation. Il faut au moins six heures pour la montée du levain. Cela varie aussi selon le temps et les saisons. Il pratique le pétrissage à la main, avec rabats de la pâte. Ces rythmes sont le plus souvent une contrainte acceptée.

 

On cultive de plus en plus d’épeautre (et petit-épeautre) plus ancien, pour un pain qui a plus de « corps » plus nutritionnel. Le pain complet est plus difficile à faire ; pas toujours plus cher et se conserve plus que le pain ordinaire. Les problèmes de rendements  sont effectifs (plutôt 25q/hectares que 35 à 95…). Les critères de choix quant à la mie, la croûte, la couleur changent évidemment. Il existe là aussi des modes.

Le coût des matières premières, c’est environ 25% [4] La valeur ajoutée est très élevée dans la boulangerie traditionnelle. Les prix sont variables mais peuvent être autant voire plus élevé que les mêmes pains en bio. En bio, la politique agricole Commune (PAC), les ex-quotas et les excédents, comme dans l’élevage actuellement, n’existent pas.

Notre boulanger vend 50% de son pain en AMAP, à quelques magasins spécialisés comme Botanic (jusqu’à 60kg de pain vendu de 10 à 12% moins cher), Biocoop, Crocus, ainsi qu’à quelques établissements scolaires et quelques entreprises sur Nancy, suite à des contacts personnels. Il peut mettre « à contribution » ses amis en cas d’invendus plus nombreux, surtout lorsque la foule ne se presse pas au marché. Avec un stagiaire en plus du couple, le travail ne manque pas.  En bio, la part de main d’œuvre est plus importante…Evidemment il faut se coucher vers 21h (fin de cette réunion…) afin d’attaquer entre 3 et 4h le lendemain matin. Certaines livraisons se font dès 9h…Il a passé son diplôme (obligatoire) par VAE (5) et changé -volontairement et avec énergie et plaisir- son train de vie !

Son travail est annuellement contrôlé (Ecocert) sur toutes les factures et sur visite inopinée.

La farine même bio arrive en quantité de …Chine. Les lieux ressources en bio labellisé sont peu françaises et très peu régionales (lin de Champagne, tournesol de Vendée, noix du Périgord, beurre du Jura, courges d’Autriche, fruits secs de Méditerranée…)

 

Il est satisfait de son choix professionnel et idéologique. Son enthousiasme et sa volonté de produire de la qualité et de la santé est plus que perceptible !

 

NOTES

1- AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne) c’est la rencontre d'un groupe de consommateurs et d'un producteur prêts à entrer dans la démarche. Ils établissent entre eux un contrat pour une (on distingue en général 2 saisons de production : printemps / été et automne / hiver). de manière périodique (ex. une fois par semaine), le producteur met les produits frais (ex. les fruits et légumes sont récoltés le matin même de la distribution) à disposition des partenaires, ce qui constitue leur panier. Le contenu de ce dernier dépend des produits arrivés à maturité. Il est possible, dans une certaine mesure, d'échanger les produits entre eux selon ses préférences.

Contrairement à la grande distribution, les consommateurs en AMAP accordent moins d'importance à la standardisation des aliments ; tout ce qui est produit est consommé (alors que dans l'autre cas, ce peut être jusqu'à 60 % de la récolte qui reste au champ). Ce principe est d'une part très valorisant pour le producteur, et d'autre part il permet de diminuer le prix des denrées en reportant les coûts sur la totalité de la production.

 

Le groupe de consommateurs et l'agriculteur se mettent également d'accord sur les méthodes agronomiques à employer. Ces dernières s'inspirent de la charte de l'agriculture paysanne et du cahier des charges de l'agriculture biologique (les producteurs possèdent souvent le logo AB). En effet, les participants à l'AMAP recherchent des aliments sains, produits dans le respect de l'Homme, de la biodiversité et du rythme de la Nature.

Les AMAP participent ainsi à la lutte contre les pollutions et les risques de l'agriculture industrielle et favorise une gestion responsable et partagée des biens communs.

 

Distributions tous les MARDIS de 18h15 à 19h30 à la MJC Lorraine amapmjclorraine@gmail.com 03.83.15.90.00 1 rue de Lorraine 54512 Vandœuvre-lès-Nancy

 

2 – Adjuvants, AMELIORANTS, CORRECTEURS OU REGULATEURS : Ces termes sont utilisés en boulangerie pour désigner l'ensemble des produits naturels ou de synthèses qui permettent de corriger les défauts des farines ou de faciliter les opérations de fabrication.

 

Adjuvant : substance d'origine naturelle permettant de corriger, d'améliorer ou de faciliter la fabrication d'un produit donné. Les adjuvants répertoriés en boulangerie sont :- gluten- malt- farine de fèves- farine de soja ou de soya- levure désactivée (agent réducteur, c'est-à-dire qu'il diminue la force des farines et assouplit les pâtes (il a le même rôle que l'autolyse, dont un excès rendra la pâte collante.

 

Additif : substance, ou un mélange de substance autre qu'un ingrédient, ajoutée volontairement aux aliments à des stades différents de leur fabrication et que ces dérivés deviennent directement ou indirectement un composant de ces denrées alimentaires. Tous les additifs sont codifiés de la façon suivantes : E suivie d'un nombre à 3 chiffres (L'acide ascorbique est un additif par ce qu'il comprend un code européen E300 > - colorants E 100 à E 199- conservateurs E 200 à E 299- antioxygènes E 300 à E 399- émulsifiants, épaississants E 400 à E 499.

 

Auxiliaire technologique : toutes les enzymes sont classées dans les auxiliaires technologiques. Tout ce qui se termine en "ase" est une enzyme. Exemple : amylase.

 

Actuellement et ce depuis quelques années, la législation sur l’emploi des additifs en panification est européenne. La législation française n’est plus en vigueur. Quelques définitions, vous sont données avec les améliorants autorisés qui font suite à la directive additifs 95 / 2 / C.E.

 

Le pain courant français autorise 14 additifs, c'est-à-dire : L'acide acétique et ses sels - L'acide lactique et ses sels - L'acide ascorbique et ses sels - La lécithine (E 322) - Mono et diglycérides d'acides gras (E 471) 1 Total : 14…Le E 471 a pour rôle de lutter contre le cloquage de la croûte en pousse contrôlée, d'améliorer la tolérance des pâtes, de donner une texture plus fine à la mie et a une action anti-rassissante…Ainsi que 14 additifs autorisés pour le pain courant français et 4 esters (E472a, d, e, f) qui sont des émulsifiants. Pour les autres types de pains : on peut utiliser plus d'une centaine d’additifs, les auxiliaires technologiques et les adjuvants.

 

3 – Hygrométrie : L’hygrométrie caractérise l'humidité de l'air, à savoir la quantité d'eau sous forme gazeuse présente dans l'air humide (ou dans un autre gaz, dans certaines applications industrielles). Elle ne prend pas en compte l'eau présente sous forme liquide ou solide. On définit trois types d'hygrométrie ; chacun a sa mesure associée : *absolue : la quantité d'eau sous forme gazeuse (vapeur) dans un volume d'air, exprimée en unité de masse par volume ; *relative : l'humidité absolue en proportion de la valeur maximale, pour une température donnée, exprimée en pourcentage ;* spécifique : le rapport entre deux masses, celle de l'eau sous forme gazeuse contenue dans un volume d'air, et celle de ce volume d'air.

 

3 - Coût du pain : Répartition du coût d'une baguette en France en 2011. De 19 à 22% sont imputable aux coûts de la farine, la levure, le sel et l’eau. De 48 à 53% pèsent sur les salaires et les charges. 11% de frais divers (impôts, emballage, transport, amortissement ; Taxes : 6% - Loyer et charges : 6% - Energie : 5% - Investissements : 5%). 11% pour l'énergie et le loyer. De 6 à 8%% de revenu

 

Comparatifs du temps de travail pour acheter une baguette:

En 1970, le smic est à 3.27 F. Divisé par 60 mn, cela fait 0.0545 F.

La baguette est en moyenne à 0.57 F.

0.57 Fr/ 0.0545 = 10.45 mn de travail.

En 1980, il faut 7.26 mn pour acheter une baguette.

En 1990, 6.28 mn suffisent.

En 1998, on passe à 6.04 mn.

En 2010, on passe en dessous des 6 mn avec 5.85 mn pour pouvoir apporter une baguette sur la table.

En 1970, le smic correspondait à 42 heures de travail par semaine.

En 2010, on est à 35 heures. Si on calculait au nombre d'heure travaillées, la différence serait encore plus prononcée. Depuis le 12 août 1978, les prix du pain sont complètement libres.

Si le prix de la baguette était encore réglementé, elle serait passée à 1,25Є au 1er janvier 2011.

 

Sources : http://www.boulangerie.net/forums/bnweb/dt/additif.php ;  http://www.boulangerie.net/forums/bnweb/prixbaguette.php

 

NB : Un bon pain peut-être acheté dans une grande surface (voir sa composition et l’origine des farines et le lieu de cuisson) Un « mauvais » pain peut-être fait par le boulanger du coin (un boulanger peut acheter tous ses ingrédients et les additifs sans souci de qualité. Quant à la chaîne LIDL, elle n’a pas de boulangers. Comme l’indique son annonce publicitaire, le pain est seulement cuit dans le point de vente, à partir d’une pâte toute faite et prête amenée de Pologne…

Voir aussi : le "Memento pratique, Le goût retrouvé du pain" - INBP / Gérard Brochoire

 

Groupe "gaspillage" le 12 janvier 2016

 

SANTE / NUTRITION

 Nous lisons les document (deux articles) confiés par Denis Grison:

- "Alimentation, n'en jetez plus"

- "Du producteur au réfrigérateur, en passant par le distributeur"

 

Un certain nombre de points (les faits) est relevé par les participants

-  le gaspillage concerne tous les stades de la production et de la distribution de la nourriture…

. On note la différence entre ce qui est cultivé et ce qui est mangé : la moitié va aux animaux pour produire de la viande.

- effrayé par les chiffres soulignés dans ces documents :

. Le Français jette 20 kg de denrées alimentaires par an :

7 kg d'aliments périmés

…et 13 kg de restes

. Dans les villes qui organisent des congrès : 1/3 des plateaux repas sont jetés…

. La moitié environ de la production de la nourriture mondiale produite, ne verrait pas le début d'une dent humaine…

. Il faut environ 4200kcal pour produite l'équivalent d'une ration journalière, soit 2000kcal…soit perte de 600kcal pour les agriculteurs et 800kcal dans le gaspillage (particuliers, supermarchés, industrie agroalimentaire…)

. Aux USA, 40% de l'alimentation "sortie du champ" passe à la poubelle…

. En Belgique, une enquête montre que 1/3 à 1/4 des aliments jetés à la poubelle sont encore emballés…

- mais aussi

- L'agroalimentaire qui fonctionne à flux tendu est amené à jeter des fruits ou légumes, du poisson, de la viande lorsque ces denrées ne sont pas consommées rapidement…

. Le principe de précaution fait que  les dates limites de vente ne peuvent être dépassées en collectivité

. Le calibrage fait que beaucoup de fruits et légumes non conformes sont jetés…

- Les habitudes de nos pays : le  consommateur est habitué à trouver tout ce qu'il souhaite en surabondance : difficile de gérer les stocks. Le consommateur achète trop, la vente en supermarché favorise  l'achat de ce dont il n'a pas forcément besoin, etc.

- enfin, le scandale est aussi environnemental : consommation d'eau, d'énergie,…. tout en émettant des gaz à effet de serre. "Les déchets sont rarement recyclés mais incinérés ou brulés, ce qui revient à jeter de l'eau sur le feu…"

- Des personnes réagissent à ce gaspillage : jugement "moral"…

. Un africain, originaire du Mali et de passage en est choqué par la quantité de nourriture versée dans la poubelle et dit : «Ce n'est pas bon ça. Dans mon village africain, on pourrait faire vivre des familles entières avec tout ce qu'on jette ici."

 

Différents niveaux où l'on peut intervenir

- Depuis le 1er janvier  2016, la loi oblige les grandes surfaces à donner aux associations les produits non vendus ou en fin de limite de vente. Cela devrait favoriser le partage avec les associations caritatives qui distribuent aux personnes les plus nécessiteuses.

- Au niveau des producteurs :

. Aujourd’hui on peut trouver en vente les fruits et légumes non calibrés, les "gueules cassées"

. Favoriser les conditionnements en contenants plus importants et pas forcément en conditionnement individuel

. Faire la différence entre "Date limite de consommation" et "de préférence à consommer avant le…"

- De manière individuelle : chasse au gaspillage, toucher au porte-monnaie, etc

 

Des petits gestes au quotidien :

Dans les achats :

 .Consommer local ce qui évite la dépense d'énergie…Les marchés,  les AMAP, la "Ruche qui dit oui"…

. Les promos de dates courtes,

. Ne pas forcément prendre la date de validité  la plus lointaine, mais en fonction de son besoin

. Acheter seulement la quantité nécessaire à ses besoins… (en particulier le pain, regarder ce qui reste avant de racheter)

. "Les enfants repartent avec»…dans certains restaurants.

A la maison :

. Revoir à la baisse la quantité de consommation de viande

. Faire des conserves d'aliments frais, la surgélation qui permet de conserver…

. Faire ses yaourts…

. Le tri des déchets et en particulier favoriser le recyclage des produits organiques… (commence à se mettre en place dans les agglomérations pour les personnes vivants en immeubles collectifs…)

. Accommoder les restes

Sur le plan collectif :

- un affichage du volume de pertes et gaspillage, par jour ou par semaine, dans les salles de restauration au niveau des entreprises

- l'insertion de ce thème dans les programmes de formation scolaire  + projets participatifs des élèves (ex : projet 0 déchets)

- dans les selfs, cantines : possibilité de faire remplir son assiette "à la demande" selon son goût et son appétit afin de moins jeter.

"Former pour mieux comprendre et appréhender le gaspillage" peut être  un bon investissement pour avoir des retours !

 

Le 12 janvier 2016

SANTE / NUTRITION

En début de cette réunion consacrée à l'aspect quantitatif de l'alimentation, Denis excuse Bernard et Nicole, absents, et nous communique  un document que Bernard lui a adressé, le compte rendu de la conférence de l'ONPA sur l'alimentation, directement en lien avec notre thème ( copie en pièce jointe).

Denis propose également des textes à partir desquels nous pourrions travailler en sous groupes et qui nous ouvrent à un aspect mondial de la question  ainsi que sur le gaspillage:

  • Va-t-on réussir à nourrir le monde ?
  • Nourrir la planète en 2050, un défi déjà d'actualité.
  • Alimentation. N'en jetez plus !
  • Du producteur au réfrigérateur, en passant par le distributeur

A lieu ensuite un débat sur l'animation de l'atelier et son mode de travail :

  • Animateur : Geneviève
  • Secrétaire : Bernard

Il est décidé de faire d'abord un tour de table pour que tous s'expriment avant de décider la suite à donner.

Les trois étudiants de notre groupe nous font part des recherches qu'ils ont effectuées pour préparer cet atelier :

-        Louis : la quantité nécessaire varie selon les personnes, l'âge, le sexe, l'activité...

-        Antoine : a recherché la répartition des produit utilisés selon leur origine ( produits frais, surgelés, conserves.. ) et selon les pays

-        Hélène : la fréquence de l'obésité varie énormément selon les pays ( très élevée aux USA, très basse au Laos) selon le niveau de vie, les cultures.

Poursuite du tour de table :

-        Didier : Insuffisance alimentaire dans les pays pauvres et chez les pauvres dans les pays riches - Assiette alimentaire idéale - Excès alimentaire et gaspillage

-        Bernard : Gaspillage – L'obésité est un problème complexe qui ne se résume pas à un excès alimentaire (génétique, culture, éducation)

-        Geneviève : gaspillage, malbouffe, coût de la nourriture

-        Véronique : à partir des documents proposés par Denis : gaspillage, besoins individuels

-        Monique : malbouffe, obésité, gaspillage

-        Brigitte : place de la viande dans l'alimentation, impact de l'augmentation de la consommation de viande

-        Marie-Odile : gaspillage, à titre individuel

-        Christian : Un principe : garder un peu de faim à la fin de repas, car la satiété viendra un peu plus tard, si quand on quitte la table on n'a plus faim, c'est qu'on a trop mangé. - gaspillage des grandes surfaces – insuffisance alimentaire en rapport souvent avec la guerre.

-        Denis : un impératif moral, éthique : un mode alimentaire doit permettre de nourrir tout le monde. - Et également, la place de la viande dans l'alimentation, sa consommation excessive et la question de la souffrance des animaux

Après le tour de table et un débat animé, il est décidé de se séparer en deux groupes travaillant chacun sur un thème différent :

-        le gaspillage, à partir des documents apportés par Denis

-        l'excès alimentaire à partir de la préparation des étudiants

 

Compte rendu du sous groupe excès alimentaire et obésité

Hélène nous fait par de ses recherches sur internet de la répartition de l'obésité selon les pays :

-        aux USA : 34% de la population

-        au Laos : 1,20% de la population

-        au Vietnam : 0,25% de la population

mais aussi à l’intérieur d'un même pays :

-        au Samoa américaines : 75 % de la population, et 20 % des bébés à la naissance font plus de 4 kg ( le surpoids à la naissance est un marqueur du diabète maternel)

L'obésité dépend des  conditions alimentaires mais aussi de la susceptibilité de certaines populations aux changements rapides de conditions de vie.

 

Influence de la génétique : les populations ayant souffert de la malnutrition ont sélectionnés des individus qui ont des facilités à stocker des réserves et ainsi à mieux résister aux famines ; lors de changements de conditions alimentaires rapides, ces personnes  sont plus sensibles à l’excès alimentaire, d'où la fréquence élevée de l'obésité, de forme massive d'obésité et également de diabète de type II qui survient de plus en plus jeune, .aboutissant à un problème majeur de santé publique .

Du fait des facteurs génétiques, il convient de ne pas stigmatiser ni culpabiliser les personnes obèses : l'excès alimentaire, la malbouffe va agir surtout sur des personnes plus sensibles.

L'alimentation agit par la quantité, la qualité (graisses, sucre, aliments à haute teneur calorique, excès de viande), les habitudes alimentaires (variant selon les cultures).

Les facteurs culturels : la considération positive du gros bébé = bébé en bonne santé = bons parents

L'évolution des modes de vie : sédentarité, grignotage, repas de moins en moins pris en famille, ensemble, chacun se servant à son rythme

Le coût de l'alimentation : bien se nourrir coûte cher

Les facteurs environnementaux (perturbateurs endocriniens..), le stress, les problèmes familiaux

L'aspect convivial

Exemple des étudiants de leur propre expérience : les choix se font selon le coût, le temps disponible, le coté pratique et l'aspect convivial . Faire soi même coûte moins cher, mais ce n'est pas toujours possible.

 

Au total, on en revient toujours aux normes : les besoins varient selon, l'âge, le sexe, l'activité .. Comment s'y retrouver ? Quelle quantité ? Manger quoi (sucres, viande, graisses, légumes …) ?

 On peut se référer :

  • aux notes de Bernard

 

Pour le prochain atelier qui aura lieu mardi 23 février 2016 :

  • quelle quantité par personne ? Quantité de quoi ?
  •  le problème de la viande

 Avec cet impératif : bien se nourrir et nourrir le monde

 

Le mardi 23 février 2016

 SANTE / NUTRITION

 

En début de réunion nous accueillons un nouveau participant, Damien, et nous faisons brièvement le point sur notre démarche.

 Denis nous présente différentes possibilités permettant d'aboutir à une action concrète à la fin des ateliers :

  • En parallèle avec les étudiants de l'IUT qui doivent présenter un poster en plus de leur projet tutoré.
  • A l'occasion du festival du film des chercheurs qui aura lieu du 31 mai au 5 juin 2016 : possibilité d'être présents (éventuellement sous la forme de présentation de posters).
  • l'UP2V est partenaire de la médiathèque : possibilité de faire une présentation (poster ou autre), d'organiser une rencontre, proposer des documents avec argumentaire, un choix d'ouvrages, action qui serait soutenue et peut être élargie par la médiathèque.

Une discussion s'engage sur le choix d'un objectif concret et de son contenu. Au terme de cette discussion, il est retenu que :

·    La notion d'une production concrète, d'un rendu du travail du groupe est importante car elle permet de cadrer et de rendre plus précise la réflexion, de savoir où on va.

·     Mais il faut des idées claires pour pouvoir rendre quelque chose.

·     Il est prématuré de vouloir faire une synthèse actuellement.

·   Il nous faut donc poursuivre notre travail, selon le programme défini à la fin de la réunion précédente (Quelle quantité par personne ? quantité de quoi ? le problème de la viande. Avec cet impératif, bien se nourrir et nourrir le monde.), avec pour objectifs :

- Les étudiants doivent rendre leur travail plus rapidement que le groupe et doivent réaliser un poster en autonomie, mais sur le même thème.

- Travailler sur un ou plusieurs posters sur les thèmes retenus précédemment, quantité, qualité, plaisir, nourrir le monde.

- Possibilité de participer au festival du film des chercheurs.

- Présentation à la médiathèque qui permettra de toucher un public plus large et plus jeune.

Nous reprenons ensuite notre travail de réflexion.

 

LA QUANTITE : elle a déjà été abordée lors de la dernière réunion :

-   sous groupe alimentation et obésité

-   sous groupe gaspillage

-   relire les notes prises par Bernard Martinet lors d'une conférence et jointes au dernier compte rendu et les références aux guides alimentaires du PNNS (programme national nutrition santé) :http://www.inpes.sante.fr/10000/themes/nutrition/nutrition_guides_alimentaires.asp

 

LA QUALITE : idées relevées au cours d'un tour de table.

-   privilégier les légumes qui apportent des éléments essentiels : frais, surgelés ou en conserves sont à peu prés équivalents

-   comparaison des prix rapportés non pas au poids mais aux calories : les plus caloriques sont souvent les moins chers mais pas forcément les meilleurs pour la santé

-   comment revenir à une alimentation équilibrée ?

-   qu'est ce qu'on met dans une assiette, ou bien l'alimentation d'une journée type

-   manger local, de saison, frais

-   bannir les pesticides

-   manger bio : le vrai bio ? Le marketing ? Comment si retrouver ? Pas forcément meilleur sur le plan nutritionnel mais au moins sans toxiques ; son coût ; nourrir tout le monde bio ?

-   les modes de cuisson

-   les plats avec les produits de base/ les plats préparés

-   les OGM: faut-il les bannir de principe ? Quels sont leurs avantages et leurs risques ? Il est difficile de s'y retrouver entre l’anti et les pro-OGM.

-   les colorants, conservateurs et autres intrants

-   les procédés industriels (culture, élevage, contenants)

-   les produits transformés

-   la diversité des produits est une bonne chose : rend indispensables les échanges entre les pays, mais à condition qu'il s'agisse d'échanges respectueux  et équilibrés

La multiplicité des réponses et des facteurs en cause nous a incités à essayer de faire un classement en trois points :

-   qualité nutritionnelle

-   qualité sanitaire

-   qualité gustative

 

La qualité nutritionnelle :

-   légumes frais, surgelés, conserves au naturel

-   les protéines : quelles protéines ? animales ? végétales ? ( régimes végétariens, végétaliens)

-   choix des matières grasses, les risques des acides gras saturés

-   alimentation trop riche en sucres, en graisses, en sel

-   les modes de cuisson qui peuvent dénaturer les produits

-   savoir conserver : la durée de la conservation agit sur la qualité

La qualité sanitaire :

-   la conservation des aliments, le frigo, sa gestion et son entretien, l’hygiène de la cuisine, et de façon générale l'hygiène générale

-   équilibre de l'assiette pour la santé

-   origine des produits et leur mode de production

-   réduire au maximum les pesticides engrais, intrants, conservateurs, colorants, les hormones (culture bio, agriculture raisonnée...)

-   les antibiotiques utilisés dans l'élevage se retrouvent dans notre assiette avec risques d'allergie, de développement de résistance

La qualité gustative : à suivre la prochaine fois . Cela rejoint le thème relevé dans les premiers ateliers, le plaisir.

 

Prochain atelier le mardi 8 mars 2016.

Pour compléter la réflexion :

  • Le film Demain qui passe encore au Caméo :  En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, on commence à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain ! Existe également en livre, sous le même titre.
  • Le livre de Bruno PARMENTIER : Nourrir l'humanité (proposé par Hélène)

Agriculture-élevage bio près de Nancy                                   Un témoignage qui explique et prend parti.

(Groupe « alimentation-production » de l’atelier up2v - 08 / 03 / 2016)

 

La "ferme verte" des Lavaux, Pierre et Catherine, à Montenoy près de Custines (1) s’est reconvertie au bio en 1988. Pourquoi et comment ? Contextes économique et politique brûlants…

 

Pierre Lavaux n’y va par quatre chemins : avec assurance et bonhommie il passe de points très techniques, aux petites histoires et à la grande actualité. Ainsi rappelle-t-il la nécessité de produire le plus possible, après la seconde guerre mondiale, pour nourrir les populations ? Jusqu’aux impasses d’un système qui a davantage choisi le bas prix à la qualité. Il évoque alors l’eau polluée, l’impact des pesticides sur la santé, le coût des intrants, l’endettement programmé (un tracteur, c’est de 5000 à 200000€, une moissonneuse-batteuse aux alentours de 400000…), le choix de blés peu panifiables mais avec rendements à la clef, les viandes comptant les OGM des maïs importés, le lait trop proche « de la flotte »…

 

►Malaise, crise actuelle ?


Ainsi arrive-t-on au malaise actuel des paysans : un business qui prospère autour de l’agriculteur  mais qui n’en profite pas lui-même. Industriels, laboratoires, banques, coopératives et syndicats sont alors plus ou moins dans le collimateur. Ceux-là même qui les ont mis dans la mouise les incitent maintenant à manifester…Les primes et subventions aussi, qui au rythme des rendements, des surfaces toujours plus grandes, de la monoculture et de l’irrigation ont faussé la donne. 

 

►La difficulté du bio ?

 

Leur passage au bio a été possible techniquement (depuis 1988) et viable économiquement. Il faut une conviction globale et il vaut mieux aimer son métier, car du travail, il y en a. Pour sa ferme : des céréales variées, souvent semées en mélange pour mieux résister aux maladies et aux variations de temps (épeautre et petit-épeautre ancien) Soit quarante quintaux à l’hectare au lieu des cent en conventionnel, mais de qualité. De la surface en herbe, de la luzerne, des fèveroles, des lentilles, du tournesol, de la moutarde…de l’agroforesterie (c’est-à-dire une complémentarité entre les rangées d’arbres et cultures)…des rotations longues (sur douze ans parfois)…un couvert végétal continu…des haies et pas trop de compost.

Il faut avoir le désir de considérer les besoins essentiels de l’agriculture dans l’Humain : innover et expérimenter, mais pas n’importe quoi, ni n’importe comment ; avoir constamment le respect des rythmes de la terre pour éviter son épuisement (couverture du sol, rotation et  assolement long des cultures…) ; le choix et utilisation des graines, le recours à l’agro-forestier (variété, irrigation, ombre, humus…) malgré de nombreuses contraintes techniques, l’utilisation des mélanges de variétés pour assurer un complément de sécurité sanitaire.

 

 

►Le poids des maladies ?

 

Il y a également une cinquantaine de vaches laitières et à viande (rien avoir avec les usines de 500 et mille vaches), auxquelles il précise le choix du bon foin, la reproduction et l’insémination diversifiée. Il détaille les soins de préventions, l’homéopathie et le chlorure de magnésium, les « habitats » par lots. Il s’arrête sur quelques maladies, l’immunité et le traitement sans chimie : les strongs, vers parasites de l’estomac et les varons, des mouches qui entrent dans le corps des bovins par les pattes, le ventre et font éclore des vers sur le dos des ruminants dans des bosses qui gâchent le cuir et qu’il faut percer…Vaccinations avec subventions ? Derrière il y a les intérêts de puissants labos…

 

►Un tout avec plein de choses

 

Pour ces agriculteurs, comptent surtout : la volonté pour prendre en main et suivre les comptes, finances, investissements, choix…la volonté de ne pas céder du pouvoir, choix et décisions à autrui, quand les objectifs vont à l’encontre des évolutions actuelles…la volonté pour avoir d’autres objectifs que l’attribution de subventions et de primes souvent sans contrôle !

Il dit que tout au long de la chaîne (distribution, publicité, médias, consommateur compris) on fait souvent le choix du bas prix sur celui de la meilleure qualité. On a aussi les coopératives et les politiques qu’on mérite. Il faut aussi compter sur soi-même, sur nous ensemble si on veut du changement…On s’est tourné vers la Bourse et choisi les profits financiers, les primes qui suivent les modes, comme aujourd’hui l’alimentaire vers l’énergie : agro-carburants et méthanisation.

 

►Face à cela, l’agriculture biologique est plus économe, plus autonome, inclut moins de charges et de très grosses structures…Quant au plan agro-écologie, ses objectifs seraient régulièrement réduits et reportés à des dates plus lointaines (de 2017 à 2025) La sincérité et l’engagement de certains politiques ne serait pas remettre en cause. La FNSEA notamment a un poids incroyable par rapport au Ministre…

 

 

►Mais l’avenir n’est pas écrit en noir indélébile.

Contre le bulldozer TAFTA (traité transatlantique) les investissements peuvent tourner. Un important fonds de pension norvégien a déjà changé ses orientations. Le vent peut tourner et des châteaux de cartes s’écrouler.

Pour rendre les problèmes moins simples, on y ajoutera la nécessité de créer des filières viables (le ramassage du lait bio fait monter les prix ; la recherche n’est pas assez dirigée vers le bio ; la chimie est une composante très forte du milieu agricole ; les normes de qualité sont logiques et contraignantes ; il faut faire avec les grandes centrales d’achat…) et donc c’est ainsi un tout qu’il faut reconsidérer…

Il faut donc faire la part des institutions aidantes : coopératives, conseillers, CGA, banques, syndicats ; savoir le rôle de chacun et la connivence FNSEA, gouvernement et lobbies ; ouvrir sa ferme (pédagogie, stagiaires) ; intégrer  un maximum les contraintes en eau, les rejets et déchets ; accepter les contraintes d’une agriculture saine (contrôle, pas de demi-mesures).
Cela semble difficile, mais cela donne sens au travail de la terre et un nouvel intérêt pour ce métier fondamentalement avant tout nourricier et non financier!

 

1-      EARL DE LA SAULE 12 bis rue de la Halle, 54760 MONTENOY : Vente à la ferme - Produits : Produits laitiers de vache, Viande bovine, Autres produits : différentes céréales, agroforesterie, refus total de tout produit phytosanitaire, souci de l’eau et des déchets, vente en coopérative (SARL) des produits bio (bœuf découpé - steaks hachés – produits laitiers - farines – œufs, pain, jus de fruits, huiles et légumes, certifiés bio et d'abord Lorrains) de huit fermes vertes locales (2>)

 

2-      Les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux conséquences de leurs actes d’achats tout comme les responsables de restaurants collectifs. La consommation de denrées alimentaires produites localement réduisant le nombre d’intermédiaires, diminuant les transports polluants et contribuant activement à renforcer la vitalité économique de nos territoires, ne garantit pas la qualité des produits.

Consommer bio et local est doublement intéressant :

- Plus-value économique et sociétale avec le maintien d’un tissu rural

vivant par l’emploi et la main d’œuvre plus abondante,

- Plus-value environnementale avec notamment la préservation de la ressource en eau,

- Plus-value pour la santé d’abord et avant tout par l’absence de résidus d’engrais et de pesticides chimiques de synthèse dans les aliments bio : 9 aliments-bio sur 10 sont totalement exempts de produits chimiques

Par ailleurs, la consommation de produits bio locaux permet une proximité et donc une traçabilité des produits

Selon le données de l’Observatoire de la Bio en Lorraine, 467 fermes sont engagées dans le cahier des charges Agriculture-Biologique fin 2012.

Cela représente 3,7% des exploitations lorraines.

La dynamique de conversion/installation bio s’est poursuivie en 2012 avec une progression régionale de près de 10% du nombre de fermes engagées en Agriculture Biologique


Intervention de l'invité du groupe "Alimentation-production : M. Philippe HANCE

LES CEREALES DANS UNE COOPERATIVE AGRICOLE...

Philippe HANCE, Responsable céréales de la coopérative agricole lorraine, utilise son expérience durant treize ans comme Agent-relations-cultures et de quatre années dans l’animation d’un secteur pour la logistique, pour présenter les facettes les plus intéressantes de la place et rôle de la coopérative dans le marché des céréales.

 

 

 

Il situe la coopérative dans un secteur qui va de la limite avec la Champagne et la Haute-Marne à l’Ouest et au Sud, Pont-à-Mousson au Nord et l’Alsace à l’Est. L’offre et la demande des céréales s’inscrit dans un contexte mondial dans le cadre de filières, de logistique, de normes et de qualité, dans le MATIF [1] avec ses avantages et inconvénients.

 

Cette coopérative de 2500 adhérents gère « quand même » 500 000 tonnes de céréales dont 300 000 de blés (meuniers pour moitié) [2]. Il faut y ajouter des colzas, orges, tournesol, maïs…Le chargement se fait principalement des silos aux péniches sur la Moselle à Frouard, par trains et camions. Le colza est plutôt dirigé vers les brasseries et la Moselle,  l’Allemagne et les Pays-Bas, et en Alsace pour le diester.

 

Le seul coût du fret fait qu’on se rapproche ou éloigne de ses concurrents. Louer un bateau peut coûter cher : avant même de quitter le port, 6000$ par jour !

 

A titre de comparaison, les 530km de Frouard à Rotterdam coûtent 9€ la tonne ; entre Frouard et Strasbourg les 170km, c’est 12€/t et les 57 km entre Frouard et Valhey, 6,62€/t.

 

Il y a fort intérêt à livrer le plus possible près du consommateur ou le silo portuaire !

 

 

 

Donc le petit jardin lorrain est fini, depuis longtemps déjà.

 

Sur la planète, « on est tous devenus dépendants les uns des autres ». De fait, l’ensemble est régi par les stocks, dits parfois « stratégiques », les échanges, les flux, la sur et sous-production, et une spéculation toujours possible…Pour en partie pallier à de trop grandes variations, l’UE a fait une politique d’Intervention à partir de 1982. L’esprit général est d’ordre « libéral » cependant…Le blé peut se conserver de deux à trois ans avec une  température adaptée et surtout une ventilation rigoureuse. La demande est cependant continue et les acheteurs attendent leurs livraisons autant que les vendeurs les ressources de leur production. La courbe des prix du blé peut devenir très variable et changer plusieurs fois par jour, selon les météos, différents éléments (coût du transport, du pétrole et l’arrivée du gaz de schiste…une terrible sécheresse…) et parfois des rumeurs ! Parfois des habitudes évoluent (modes de la bière…en Chine, et du soja).

 


►L’organisation du revenu de l’agriculteur tient compte de tous ces éléments.

 

Il a besoin d’identifier la maîtrise des charges ; de veiller à son chiffre d’affaires ; de vérifier à tous les règlements, de prendre éventuellement les assurances pour sécuriser les recettes de la récolte ; d’intégrer les aides de la PAC, aujourd’hui versées à l’hectare et non plus à la tonne…

 

Pour y parvenir, l’agriculteur utilise certains leviers : la diversification de l’assolement (colza, puis blé,  puis maïs, puis blé…) ; le respect de la qualité physique (en diversifiant contre le développement de champignons et en éloignant les mycotoxines qui rendent la céréale impropre à la consommation). La diminution de l’utilisation des pesticides ne fait pas encore partie de la culture admise, quand on a tout misé sur le rendement…

 

M. Hance pense qu’une superficie plus petite de parcelles diversifiées n’améliorerait pas sensiblement les risques en raison des vents et pluies nombreux et des dates de floraison multiples.

 

Il nous précise alors les intérêts du partenariat : des travaux en commun sur les cahiers des charges pour une meilleure adaptabilité de chacun et surtout la garantie des débouchés dès la récolte, la diminution des risques pour chacun (producteur-vendeur). Les exigences et les besoins (quantité et qualité) sont partagés. La régularité qui en découle fait partie des  assurances de la démarche. Car cette procédure permet de contractualiser l’ensemble de la démarche, de mieux répartir la plus-value sur les coûts de chacun et de rendre claire l’offre de production.

 

« Le tout à faire selon la loi du marché » ajoute notre invité…

 

Il explicite les débouchés liés aux carburants avec un schéma partant des plantes riches en glucides (blé et betteraves) et les autres plus riches en lipides (colza, tournesol) qui, après fermentation et séparation iront respectivement faire soit de l’éthanol ou des drêches et des pulpes soit du méthanol ou biodiesel ou des tourteaux pour l’alimentation animale.

 

 

 

►Paramètres de qualités… ?

 

Ici il faut spécialement veiller à la qualité physique : humidité, pourcentage de protéines, calibrage, impureté éventuelle et bonne germination et l’agriculteur est particulièrement dépendant de la météo…

 

La qualité sanitaire quant à elle est conditionnée par l’absence de mycotoxines, de métaux lourds, d’ergots. Les contrôles sur les résidus de pesticides sont réguliers. La mention « durable » est issue d’une directive européenne de 2009.

 

 

 

►Pour un bon fonctionnement

 

Les principes qui guident la coopérative agricole lorraine doivent faciliter la démarche de l’adhérent. Il confie la commercialisation de sa production. C’est la délégation. La coopérative optimise et sécurise le produit confié et définit la période de gestion du risque (du 1er janvier au 30 avril). C’est l’adhérent qui définit les tonnes de vente de sa moisson ou la sortie en stockage.
Aussi l’adhérent devrait-il être libéré de lourds soucis de commercialisation. La régulation du marché peut être augmentée, la logistique optimisée, les violentes fluctuations écrêtées et la période potentielle de commercialisation allongée après des échéances intermédiaires et la possibilité de  renégocier les prix en avril…

 

L’agriculteur-entrepreneur n’est pas sans ressentir un certain malaise professionnel car il se trouve inclus dans un environnement économique et financier lié à l’évolution de marchés, loin de son travail quotidien de ses terres…

 

 

 

►Où il est question de marchés…

 

Leur évolution dépend des événements récents (retards dus au Printemps arabe par exemple), des gels et sécheresse particuliers, des comportements des producteurs-stockeurs (amplifiés par les spéculations à la Bourse), la localisation des disponibilités, le prix de l’énergie, la parité monétaire, les contraintes logistiques, les positions des « funds » et des « acteurs » financiers dans l’éventail de leurs porte-feuilles (diversifié…) Petit rappel : 90% des opérations se font par ordres électroniques et non par des échanges réels. La partie financière, ce serait évidemment entrer dans le détail du marché à terme, des obligations, des énergies, de toutes les matières premières, des indices et autres…Le marché à terme, par exemple, instaure une relation avec le vendeur qui trouve l’acheteur de la présente récolte ; c’est un « jeu » à somme nulle et surtout une sécurisation de l’opération, malgré une marge de pari car elle comporte une part d’anticipation. Le spéculateur donne un coefficient à la prise de risque, parfois à l’amplifiant à son avantage. Les fluctuations des valeurs dans une même journée peuvent être considérables, selon des informations événementielles…et des rumeurs, qui peuvent relever du délit d’initié.

 

(Résumé f54, d’après la vidéo de fl)

 

 

 

 

 

 

[1] MATIF : Le marché à terme international de France (MATIF) est un mécanisme qui existe sur plusieurs des places financières du monde. Ce type de marché travaille sur les transactions concernant les actifs monétaires ou financiers — bons du Trésor, obligations, devise étrangère, etc. — et réalise le même type de services que les bourses de commerce sur les matières premières (café, sucre, blé, soja, etc.) — permettre aux détenteurs d'actifs de minimiser les risques que leur font courir les variations de taux d'intérêt et de taux de change (ouvert à Paris le 15 février 1986).

 

 

 

[2] l’amidon restant est destiné à l’alimentation animale, aux sacs biodégradables, au carburant et aux poches de perfusion notamment…avec des cahiers des charges très spécifiques.

 

 


Réunion du mardi 17 mai 2016

 

 

 

Les huit participants ont été rejoints en fin de réunion par Denis.

Les trois élèves en Agro nous ont communiqué les résultats de leur travail portant sur les débats et conférences de cet hiver : 14/20 à l'oral et 15/20 à l'écrit. Ils nous ont parlé de leurs impressions suite à dégustation de trois pains : bio, personnel, traditionnel.  Concernant le poster, il a été très apprécié. Ils vont nous le communiquer à des fins d'imprimerie grand format.

 

 

 

Il y a eu débat sur la réunion précédente et le discours de l'intervenant de la C.A.L...qui défendait son beefsteak ! Prix de marchés contre coûts de production et coûts réels de l'agriculture conventionnelle contre agriculture bio : on recommençait le débat de toutes les réunions de cet hiver, et des présents encore hésitants !

 

 

 

En conclusion, on a fait (à peu près) le tour de cette question et il faut trouver un nouveau thème pour la saison 2016-2017.

 

 

 

Conclusion de toute la saison 2015-2016 :

 

Il a été relevé les points positifs :

 

- Excellence des rencontres avec les intervenants

 

- Qualité du travail des groupes

 

- découverte des complexités et des difficultés des différents modes agricoles.

 

- Découverte du militantisme pour une agriculture durable.

 

 

 

Quelques points négatifs :

 

- Manquait l'intervention d'un représentant des SAFER

 

- Idem du Petit Poucet (Royaumeix) qui n'a pas pu se libérer.

 

- Cette Université « Populaire » manquait justement de « populaire » dans sa fréquentation.

 

 

 

Pour 2016-2017 :

 

 

 

-Les étudiants vont se lancer dans l'étude et la production d'insectes « alimentaires ».

 

En parler lors d'une prochaine réunion ?

 

 

 

-Interroger les participants de cette année pour connaître les souhaits de chacun pour les thèmes de la saison suivante.

 

 

 

Comment toucher un public différent ?

 

- Participer à des expositions (médiathèque de Vandoeuvre et autres..) pour exposer et expliquer nos travaux.

Y.V.

(en photo : Yves. A l'émission de radio, c'était notre photographe...)

 

 

 


LES SOIRÉES A VOIR ET A MANGER…

 

 

 

Au Festival du Film du Chercheur, qui vient de se terminer à la Ferme du Charmois à Vandoeuvre-lès-Nancy, beaucoup de participants de l’UP2V ont goûté à ces soirées film + débats avec des spécialistes.

Comme cette année y a été marquée par un double atelier "Alimentation", l’un sur la production, l’autre sur la santé, voici quelques lignes personnelles du scribe habituel pour remettre un peu d’eau à la bouche…

 


·     "Sucre ou gras: lequel est notre pire ennemi?" Pour tenter d'y répondre la présence du Docteur Rosa-Maria Guéant-Rodriguez, cardiologue nutritionniste au CHRU de Nancy, Inserm.

Deux jumeaux, médecins, l’un à Londres, l’autre aux EU se prêtent à l’expérience durant un mois de ne manger que du gras pour l’un, que du sucré pour l’autre…

L’un a perdu 1kg, l’autre 4. Une expérience –comme beaucoup de régimes- qu’il ne faut pas faire longtemps : choisir de se nourrir modérément et équilibré est prioritaire et surtout sans addition (addiction ?) du gras + du sucré.

Dégustations à l’entrée !


En présence de Jean-François Hocquette (Inra Auvergne Rhône-Alpes) et Laurent Miclo (IUT Nancy Brabois), pour répondre à la problématique du changement radical de notre alimentation. Une population avoisinante les 9 milliards d'êtres humains d'ici 2050 et une planète arrivant déjà à saturation, nous conduit à réfléchir sur nos habitudes alimentaires, et notamment sur la question de la consommation de la viande...

Difficile plaidoyer pour défendre la viande (eau, énergies –fossiles- méthane, surfaces prises sur le végétal, défense du bien-être animal, protéines ailleurs…), la transition est entamée dans les pays riches occidentaux vers moins de viande, mais c’est le contraire ailleurs ! Re-dégustations à l’entrée !


·       Sur un ton léger, "A table !" nous emmène dans un voyage ludique au pays de nos rituels de table pour comprendre ce qui se joue derrière l'institution du repas, ce qui change d'une génération à l'autre, ce qui constitue une culture commune. En présence de Thibaut de Saint Pol (École normale supérieure de Cachan) et d’une doctorante spécialiste du Maroc

Le repas gastronomique français est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco ! Notre originalité tient de coutumes, de règles, de codes et d’habitudes très précises et peu partagées dans le monde. Temps de rencontres, le repas français se lit aussi par les couverts, serviettes, mains et coudes sur la table…Etc. Re-re-dégustations à l’entrée !


·    Fourmis, abeilles, crickets, araignées... Seriez-vous prêt à déguster ces mets a priori peu ragoûtants mais pourtant prisés dans d'autres cultures? Anne Dupuy (Université de Toulouse, CNRS) et Marie-Pierre Julie (Anthropologue à l'Université de Lorraine), pour répondre à nos interrogations concernant cette habitude alimentaire

Une séquence pour noter le goût des vers, cafards, fourmis, sauterelles de  0,5 à 10 cm…ça craque et ça sentirait le fromage pourri ! Alors pourquoi ne pas admirer les mangeurs de mygales (Vénézuela) ou d’œufs de canards, couvés de 18 jours, comme de gros fœtus avec déjà bec et plumes ? (Philippines) Nos cuisses de grenouilles et le roquefort ne sont pas prisés ailleurs. En-deçà et au-delà des frontières en attendant la globalisation complète ? Petit carré au chocolat imprégné d’un petit grillon ou de deux petits vers craquants dorés…!


Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ? Venez tout savoir sur votre ventre lors d'une soirée projection-débat avec Didier Desor, chercheur en neurosciences à l'Université de Lorraine.

On sous-estime à l’évidence les milliards de bactéries qui y travaillent avec des pics de « production. Sauf quand ça digère mal. Les chercheurs (et laboratoires des multinationales) travaillent pour apporter des tas de solutions du bifidus aux cellules-souches, notamment. Les plantes et les animaux entrent dans cette quête où l’Homme peut être considéré comme un gros amas de bactéries, cellules et neurones sur pieds où l’immatériel n’aurait plus sa place ! Plus de place pour la dégustation : c’est le ventre qui commande…

 Le scribe F54


Compte-rendu atelier alimentation 17/01/2017

 

 

 

Présents : Didier Sanchis, Irène Marcandella, Romane Rooz, Denis et Geneviève GRISON, François LAMY, Dominique Lefort, Laure Vaudois, Emma Wilhem, Solène Jost  Excusés : François, Yves

 

 

Agriculture conventionnelle

 

Option : agriculture de conservation, semis direct sur couvert, ou technique culturale simplifiée.

 

 

Témoignage de Damien COLIN, ferme de Loro, à Loromontzey (54)

 

 

L’exploitation :

 

30 km de Nancy. Exploitation d’origine familiale. Damien s’est installé en 2002, succédant à son père.

 

Formation : BTA

 

Productions : fraises, pisciculture, fruits, céréales, chambre d’hôtes

 

 

 

Définition de l’agriculture en semis direct sur couvert :

 

Les terres argileuses de la ferme sont très lourdes,  coûtent 5 fois plus cher à travailler qu’une terre légère de la Beauce. Damien a donc cherché une alternative qui lui permettait d’éviter ce travail.

 

Cette culture assure la vie du sol. Pas de labour. Les terres restent constamment avec un couvert végétal permettant ainsi le développement d’une faune, et de vers de terre qui assurent la porosité et la fertilité du sol en mélangeant et digérant la matière organique prélevée en surface vers la profondeur.

 

 

Céréales :

 

Il fait appel à des prestataires pour les différents travaux. Mais ceux-ci ne se déplacent pas pour des surfaces inférieures à 20 ha. Il a donc organisé ses assolements avec une rotation de 3 cultures : Maïs grain, Blé meunier, Avoine. L’intérêt de l’avoine est de 2 ordres :

 

  1.  donne les semences pour le couvert végétal en inter-culture : après la récolte de blé, le moment du semis doit permettre le début de l’épiaison juste avant l’hiver. Ainsi les minéraux sont remontés vers la surface et il n’y a pas de risque de réensemencement pour la culture suivante qui sera le maïs. Si le gel est suffisant, l’avoine est complètement détruite, recouvre le sol, rien ne pousse, et il n’y a pas besoin de traitement désherbant. SI pas de gel suffisant, il faut un traitement au glyphosate.
  2. élimine les mauvaises herbes car c’est une culture de printemps. Elle pousse facilement. C’est une production plus facile à vendre.

Se distingue de l’agriculture biologique par l’emploi des produits phytosanitaires chimiques. C’est un type de culture qui n’est pas réglementé ni certifié.

 

Lors de sa conversion, Damien était le 6° en Meurthe et Moselle. C’est une technique importée du Brésil où des agriculteurs ont dû trouver des solutions pour récupérer des terrains devenus quasiment désertiques après une exploitation intensive. Il a été aidé par un technicien de la chambre d’agriculture, mais de façon officieuse. On a pu échanger nos expériences, très différentes en fonction de la qualité des terres. Ensuite on a pu créer un groupe officiel de 40, en lien avec la Moselle.

 

J’ai gardé un seul matériel : pulvérisateur. Un semoir de semis direct = 10 à 15.000 € le m soit au moins 45000€ ! Arrangements avec des voisins qui ont de plus grandes surfaces.

 

Résultat : Je peux donc cultiver sans labour.

 

Une orge de printemps doit se semer 2° semaine de février. Je n’y suis jamais arrivé. Il y a des cultures que je ne peux mettre en place. De même le colza, arrêté. Il faut aussi des cultures qu’on puisse vendre. La CAL (Coopérative Agricole de Lorraine) ne se déplace que pour un camion. L’avoine convient. Les lentilles intéresseraient un autre organisme mais il lui faut au minimum 10 ha. Je ne peux me lancer tout seul. Je veux bien commencer par 1 ha. Donc pas possible. Petit pois, féverole, lin, colza, ne marchent pas bien.

 

Neveu va s’installer. Orienté élevage. Je lui ai conseillé une bonne terre à herbe. Il a choisi l’Auvergne.

 

Le compactage ne pose pas problème. L’avoine a système racinaire bien développé sur 40-50 cm de profondeur. Vesce semée en même temps. Ce serait bien d’avoir une plante à racine pivotante comme la moutarde. Les seules qui s’en sortent ce sont avoine et vesce. La sécheresse décompacte aussi. Les vers de terre apportent la porosité en montant et descendant.

 

Le fongicide sur blé. On peut en faire deux voire trois quatre... ; ça coûte très cher. Sur le blé, j’en fait 2  pour la septoriose et un autre pour la fusariose pour les blés après le maïs. Aujourd’hui je n’en fais plus qu’un pour la fusariose en choisissant des espèces résistantes. En mélangeant les variétés de blé meunier naturellement résistantes à la fusariose, il n’y plus de foyers de champignons (conseil de l’INRA). Les choix se font en fonction de la précocité, la hauteur de tige, le blé barbu qui repousse les sangliers. Au total 4 variétés mélangées. Le Camp Remy est très résistant, il s’adapte très bien à l’agriculture biologique et il est bien valorisé à la vente. Mais pas rentable en conventionnel.

 

Les OGM : on peut faire produire des substances utiles pour l’homme en introduisant un gêne dans le tabac. En tant qu’agriculteur, je critique le coton OGM qui a ruiné les agriculteurs des pays en voie de développement. Un cas critique a été celui de l’Inde, du Burkina. Là ce sont les agriculteurs qui ont sorti Monsanto. Ce n’est pas rentable pour les agriculteurs. Moi ce ne m’intéresse pas. Si utilité publique, peut-être. Le maïs résistant au glyphosate est un problème aux USA car la nature s’adapte et développe des résistances, comme les bactéries avec les antibiotiques. Le technicien nous conseillait de changer régulièrement de substance active. En France, il n’y a pas de blé OGM.

 

Les désherbants toujours utilisés pour les céréales: glyphosate. Difficile d’arrêter la pousse de l’interculture si pas de gel. Règlementation précise sur le nombre de jours avant la récolte. Avec les fruits, minimum 3 jours jusqu’à 1 mois. Le produit s’est soit dégradé ou évacué par la pluie.

 

Les insecticides : Pas d’insecticide dans ma ferme. Le colza nécessitait un traitement contre le méligèthe qui perfore le bouton floral. Les traitements inefficaces après le 1° traitement, d’où 2° traitement nécessaire. Nocivité pour agriculteur.

 

Les engrais : azote liquide 100U/ha alors qu’on conseillait 200U/ha. Revenu à 180U :Ha. Je ne mets plus de K ni P. Mon taux de P et de K ont augmenté de façon importante  surtout le P.

 

Le rendement : 50-55 ha en blé. Maïs entre 60-70 qx/ha. Marge brute moins : performant, en marge nette : aussi performant que les autres. Ceux qui ont de bonnes terres ont gardé les mêmes rendements. Auparavant j’étais à 60-65 qx/ha en blé.

 

Le taux de matière organique a augmenté de 0.5 en partant de 3.5 (100% de MO dans tourbe, la Beauce doit être environ à 2, dans des bons sols on atteint 6-7). Avec l’argile il faut beaucoup d’humus pour constituer un complexe argilo-humique qui attire tous les minéraux et oligoéléments. Il y a des activateurs à base de microorganismes. Ils améliorent la faune et la flore du sol. Commencé cette année. Consultants privés pour fruits pour trouver bon activateur. Le technicien de chambre agriculture est parti. Travaille maintenant avec une collègue voisine pour essais. Il faut un groupe proche pour pouvoir se rencontrer souvent.

 

Je suis en train de changer. Mon intérêt est sur les fruits, j’ai fait une grosse évolution.

 

Fruits :

 

2.5 ha fraise sur sol

 

2000 m² fraises hors sol

 

2000 m² framboises hors sol avec serre

 

Père faisait 30t/2 ha : vente en grande surface par centrales d’achat. Mais trop loin, aucun gain. Abandonné.

 

Aujourd’hui fraises pour cueillette = 35 t vendues à 3000 clients, dirigés sur la parcelle pour la cueillette.

 

Fraises :

 

Il y avait beaucoup de traitements des fruits puis traitement de la fleur uniquement. Maintenant traitement de la fleur et baisse des produits phytosanitaires.

 

Traitement désinfectant du sol. Il tuait tout le sol. Maintenant une autre solution : pour empêcher les maladies : un produit anti-nématode, et 2 mycorhizes qui prennent la place au niveau des racines des fraisiers luttent contre bactéries et champignons.

 

Hors sol mis en place suite à voyage d’étude : pas besoin d’herbicide ni d’anti-limace. Donc moins de phytosanitaires. Reste un acaricide et insecticide. Nos fournisseurs apportent des informations, permet d’évoluer à côté du technicien de la chambre agriculture. Aujourd’hui le fournisseur doit venir sur place pour voir les problèmes, pendant et après la récolte. La concurrence fait que tous les fournisseurs doivent conseiller et être performants. J’ai aussi un consultant privé que je paye qui vient une fois par an pour me conseiller sur les techniques que je choisis avec le moins possible de produits chimiques.

 

Technique hors sol : Sac plastique rempli de substrat de 1m de long, 20 cm de large, 10 cm de haut ; on perce des trous, dans lesquels on plante les fraisiers, on met un tuyau qui traverse pour irriguer et apporter les fertilisants. Le tout est placé en hauteur. Le substrat est terroforestier désinfecté à la vapeur.

 

Framboises :

 

Après un essai d’1/2 ha. Mais n’a pas été facile à cause de mauvaise qualité des terres. 1 an / 3 catastrophique. Après tentatives fraises, je fais du hors sol avec serre 2000m² avec même terreau. 100% satisfait de ma serre, même avec canicule en ombrageant la serre. Je n’interviens pratiquement plus. J’ai mis un insecticide la 1° année. J’ai essayé des auxiliaires, mais mis trop tard. L’année suivante, traitement d’une seule ligne là par où les pucerons entraient. L’année prochaine, je pense faire zéro traitement. Hors sol on n’a pas le droit à la certification biologique. De plus, je ne suis pas intéressé d’être en bio. Par contre j’informe le client que je ne mets pas ou très peu de produits phytosanitaires pour rétablir la confiance des citadins envers les agriculteurs. Le manger local revient car le client a les renseignements qu’il attend. Nouvelle relation entre consommateurs et producteur local. Par rapport aux produits phyto, lors de ma formation, on ne nous a jamais parlé de la toxicité de produits chimiques. C’est seulement une fois lors d’une formation spécifique pour professionnels que j’ai appris la toxicité des produits que j’utilisais. Nous, on ne gagne rien de plus en en mettant plus, et c’est nous qui sommes les plus exposés. Les seuls gagnants ce sont les fabricants.

 

Métaldéhyde (produit anti-limace) est volatile et peut se retrouver dans la chair des poissons élevés en agriculture biologique !

 

 

 

Framboises tout en auto-cueillette

 

Très peu de transformation.

 

Main d’œuvre  de mai jusque juillet : 15 personnes au moins. Jusque 2008-2009, difficile. On trouvait des étrangers. Maintenant on a des jeunes de plus en plus. Il y a un fossé entre ce qu’on demande et ce qu’ils sont capables de faire. On préfère un étranger quelque soit sa nationalité. Ils sont plus efficaces.

 

 

 

Qualité gustative des fruits :

 

La qualité des fruits produits en hors-sol est constante au cours de la saison. Contrairement à la culture sur sol où la valeur gustative évolue entre le début, où les fruits sont acidulés, et la fin où ils sont très sucrés. La valeur gustative dépend aussi des variétés. Quand on augmente le débit de la solution nutritive on augmente le rendement sans baisser la qualité. On peut mesurer à la sortie s’il manque des nutriments.

 

 

 

Évolution de l’exploitation :

 

Structure de l’exploitation 75 ha. Pas en polyculture avec lait. Donc pas ou peu de possibilité d’augmenter la surface car liée aux quotas laitiers. C’est la guerre pour avoir des terres.

 

 

 

Évolution du métier d’agriculteur :

 

Des agriculteurs se suicident en France. Un voisin (ingénieur agronome) s’est installé sur l’exploitation de son père pour transformer le lait. Il a disparu, après avoir tenté le bio. Une semaine après passaient des agriculteurs dans la ferme, les bâtiments sans prévenir l’épouse qui souhaitait continuer.

 

Il est impossible d’avoir une rentabilité si vous achetez cher vos terres.

 

Les prestataires connaissent les exploitations qui ne vont pas bien car elles ne paient pas. Ils savent donc les terres qui seront disponibles.

 

Neveu et nièce qui s’installent auraient eu beaucoup de mal à trouver des terres. En Auvergne, il reste des petites unités et l’ambiance est meilleure. En Lorraine ce n’est pas facile pour les jeunes agriculteurs. Il faut 1 Mn d’euros. Ça ne pourra se racheter que par des GAEC, EARL. L’agriculture familiale c’est fini. Les achats se font entre les chinois et les grandes surfaces. Dans le limousin Auchan, Cora ont dû acheter plus de 4000 ha de pommes et uniquement Golden. La vie en GAEC est difficile, parfois ça se passe très bien.

 

Un des sacrifices que les jeunes font : ils se marginalisent, ils vivent avec peu. C’est leur choix, mais c’est ce que mon père et mon grand-père ont essayé de combattre pour se sortir de cette situation. C’est dommage pour eux. J’ai l’impression que les jeunes qui s’installent dans ces conditions retombent dans l’ancien système. Je suis la génération qui en profite le plus. Ceux qui s’installent près des villes arrivent à s’en sortir car ils arrivent à vendre cher leurs produits. Moi il m’a fallu 15 ans pour m’en sortir. Le paysan doit s’adapter à sa culture et comprendre comment ça fonctionne.                                                                                                  F.L.

PROCHAIN ATELIER  : LE MARDI 16 février 2017